Côte d’Ivoire: la lettre de Charles Blé Goudé à ses concitoyens

Côte d’Ivoire: la lettre de Charles Blé Goudé à ses concitoyens

De son exil néerlandais, Charles Blé Goudé s’est adressé aux Ivoiriens, mercredi 27 mars, dans une lettre lue sur Facebook. Acquitté avec Laurent Gbagbo en première instance à la Cour pénale internationale, et libéré sous conditions comme l’ancien président ivoirien qui vit en Belgique, Charles Blé Goudé, lui, est toujours à La Haye en attendant un pays d’accueil. Dans son discours, il se pose en partisan de la paix et du pardon, et se défend de toute ambition politicienne.

Le ton est posé. Les mots sont choisis. « Je suis entré en prison nu. J’en ressors l’esprit en paix », déclare pour commencer celui qu’on appelait autrefois le « général de la rue », et qui haranguait la foule de son estrade « de la Sorbonne » au Plateau.

Dix ou quinze ans après, Charles Blé Goudé se pose ici en avocat de la paix, du pardon et de la réconciliation : « Je n’encouragerai aucune tentation de vengeance ni aucune velléité de revanche. De fait, quel que soit ce que chacun d’entre nous aura vécu, nous devons apprendre à nous pardonner les uns les autres. »

« Mon engagement pour la paix et la réconciliation n’obéit à aucune démarche intéressée ni a aucune tactique politicienne », assure l’ancien codétenu de Laurent Gbagbo qui dresse ensuite ce constat : « Vous semblez à nouveau habités par la peur. Cette grande hantise qui accompagne, comme d’habitude, les processus électoraux ivoiriens semblent de retour. Est-ce une fatalité ? Non, absolument pas. Au Ghana voisin, l’organisation des élections est aujourd’hui un fait banal de la vie nationale. Nous devons travailler à doter notre pays d’institutions fortes et crédibles qui puissent traverser le temps et non des institutions assujetties aux intérêts du parti au pouvoir. »

Un discours rassembleur mais dans lequel il est difficile de ne pas voir de tonalité politique à 19 mois de la présidentielle. Lors d’une première adresse au début du mois destiné aux membres de la Coordination des jeunes patriotes (Cojep), le ton était différent. « Quand je reviens, et je vais revenir bientôt, nous allons continuer le combat. Ne doutez pas un seul instant de notre victoire », avait déclaré Charles Blé Goudé.

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